Des scènes de panique, des familles qui courent, des personnes en pleurs, des supporters qui cherchent à quitter au plus vite les tribunes. À Sclessin, certains spectateurs de la T4 ont fui dans un climat de peur totale. Une dame, en état de stress profond, est même venue se réfugier dans la zone mixte réservée à la presse. Ce ne sont plus des incidents. Ce sont des scènes qui marquent.
La seule fois où un climat comparable avait été ressenti personnellement, c’était lors de la finale de Ligue des Champions entre le Real Madrid et Liverpool au Stade de France. Cette soirée-là avait été dénoncée partout en Europe comme un fiasco sécuritaire exceptionnel. Le problème, chez nous, c’est que ce type de tension finit par devenir presque habituel. Responsabilités partagées.
Une vraie inquiétude
Et c’est précisément cela qui inquiète le plus. En Belgique, les responsabilités sont nombreuses et partagées. Bien sûr, il y a d’abord certains supporters violents, qui transforment un match de football en terrain d’affrontement. Mais il y a aussi des joueurs qui alimentent les tensions avec des provocations et des déclarations belliqueuses. La presse, reconnaissons-le, relaie souvent ces propos en les mettant en évidence à travers des titres accrocheurs. Et puis il y a les clubs, les autorités et les instances du football belge, dont les mesures donnent souvent l’impression de traiter l’urgence sans jamais régler le problème de fond.
Personne ne possède aujourd’hui la solution miracle. Mais une chose paraît évidente : il fallait déjà réagir immédiatement, notamment avec une interdiction de déplacement des supporters lors des prochains grands chocs wallons. Parce qu’on ne peut pas attendre un drame avant d’agir.
Et maintenant ? Comme souvent, le temps fera probablement son œuvre. L’émotion retombera. Les condamnations disparaîtront peu à peu du débat public. Jusqu’au prochain incident. Et honnêtement, pourquoi en irait-il autrement cette fois-ci ?
